CHICAGO — C'est hier, peu avant 15 heures, qu'un homme d'une quarantaine d'années s'est jeté sous une rame de métro à la station « Orville ». L'homme s'est approché du bord du quai, s'est brusquement retourné vers les passants qui l'observaient, a laissé tomber un cahier-agenda sur le sol, puis s'est laissé basculer sur les rails au moment même où la rame entrait en station.
L'identité de cet homme, tué sur le coup, demeure un mystère pour la police municipale, qui cherche à localiser son domicile. En effet, les révélations troublantes consignées dans son cahier jettent une lumière entièrement nouvelle sur ce que l'on appelle désormais, aussi bien en Amérique qu'en Europe : Le Cas Des Enfants Possédés.
Dans l'intérêt de ses lecteurs, la direction du journal a jugé nécessaire de publier intégralement le contenu de ce cahier.
23 avril, 20h39. Je rentre de dehors. J'étais assis sur la véranda, à regarder les enfants jouer avec leurs amis de la maison voisine. Ils étaient en train d'inventer je ne sais quel nouveau jeu lorsque, soudainement, Evelyn, mon aînée, s'est retirée du groupe, s'est assise par terre et a entonné un chant long, monocorde, presque une plainte. Je n'ai pas cherché à intervenir. Je crois qu'il est du devoir d'un père de respecter l'univers singulier de ses enfants, même lorsque nous, les parents, n'en saisissons pas le sens. Pourtant, le comportement d'Evelyn m'a profondément intrigué. Ce chant était si triste, si lointain...
25 avril, 17h45. Se pourrait-il que mon inquiétude soit justifiée ? Evelyn a recommencé son chant de désespoir. Elle s'accroupit sur son siège, pose ses mains sur ses oreilles, ferme les yeux très fort et laisse échapper sa plainte en se balançant légèrement d'avant en arrière. Avant-hier, lorsqu'elle a agi ainsi, son frère et leurs deux amis avaient interrompu leur jeu, visiblement surpris par son comportement. Sur le moment, je ne m'étais pas alarmé outre mesure ; j'avais le sentiment réconfortant d'être un simple spectateur assistant à une activité pour le moins originale.
Aujourd'hui, en revanche, les trois enfants entourent Evelyn de très près et semblent participer, de manière indirecte, à ce chant. Ils se balancent eux aussi d'avant en arrière, perdus dans une étrange rêverie. Je me sens de plus en plus éloigné de toute compréhension rationnelle de ce qui se passe.
30 avril, 6h00. J'avais presque oublié les événements de cette semaine. Hier soir, vers 21 heures, j'étais dans mon bureau à rédiger une lettre à mon épouse — étudiante dans une université à l'étranger — lorsque, venant du sous-sol, j'entendis ce même chant monocorde. À une différence près : cette fois, il n'y avait pas qu'une seule voix. Ma fille n'était plus seule. Je pouvais clairement distinguer quatre voix distinctes.
Je descendis au sous-sol avec la plus grande précaution, entrouvris la porte et, me guidant dans une obscurité presque totale, me dirigeai vers la chambre de mon fils, Gary. Je voulus ouvrir la porte — le loquet était mis. Je regardai par la serrure.
Ils étaient là, tous les quatre, assis par terre en cercle. Tout le mobilier de la chambre — lit, chaises, bureau — avait été entassé contre le mur du fond. Au centre de la pièce, une petite lampe offerte à Gary quelques mois plus tôt diffusait une lumière blanche qui accentuait les ombres. Les quatre enfants se balançaient à une cadence régulière, émettant ce son continu, venu d'un autre monde.
Je remontai au rez-de-chaussée chercher une clé susceptible d'ouvrir la chambre de Gary. Une fois en ma possession, je retournai au sous-sol, bien décidé à entrer brusquement pour leur rappeler qu'il leur était interdit d'inviter des amis dans leurs chambres sans ma permission, et pour les forcer à regagner des activités plus ordinaires.
J'entrai. Ils ne firent pas même attention à moi. Je touchai Gary au visage : il ne broncha pas. Sa peau était froide, pâle, presque verdâtre. Je reculai, saisi d'effroi, et me dirigeai vers Evelyn. À cet instant précis, le chant diminua d'intensité pour ne devenir qu'un vague murmure. Je sortis précipitamment de la pièce, ne voulant pas qu'ils sachent que j'avais découvert leur secret. Je regagnai mon bureau et attendis.
Je ne sais si ce fut l'état de tension extrême dans lequel je me trouvais qui m'épuisa à ce point, mais je m'assoupis et ne me réveillai qu'à deux heures du matin. Je décidai d'aller vérifier la chambre de Gary. En descendant au sous-sol, j'ouvris sa porte : tout était noir. Je sortis la minuscule lampe de poche qui me servait également de porte-clé et éclairai la pièce. Tout était dans un ordre impeccable, et Gary dormait profondément. Cependant, il prononçait dans son sommeil quelques syllabes que je m'efforçai de mémoriser :
« Je ressens l'amasite réglir douçante... »
Je me précipitai au premier étage, jusqu'à la chambre d'Evelyn. Je m'arrêtai sur le seuil, et les mots me parvinrent, faiblement :
« Je ressens l'amasite réglir douçante... »
Je suis effondré dans le fauteuil de mon bureau, incapable de dormir. J'ai achevé ma lettre à mon épouse en lui dissimulant tous ces événements. Je ne sais pas si tout cela est réel ; et si ça l'est, je doute qu'elle puisse y comprendre davantage que moi — cela ne ferait que l'inquiéter inutilement. Et si rien n'est réel, alors mon imagination, en engendrant de telles chimères, me fait craindre pour mon équilibre mental.
J'ai néanmoins décidé de tout consigner par écrit et de confier ce cahier à quelqu'un en qui j'aurais pleinement confiance. J'ai donc retranscrit les extraits de mon journal intime relatifs à ces événements, et il m'a semblé nécessaire de décrire brièvement ma famille.
J'ai 39 ans. Je suis architecte-décorateur pour une petite entreprise. Il y a 14 ans — comme cela paraît loin aujourd'hui —, j'ai épousé Danièle, ma douce femme, qui a repris ses études à l'étranger dès que les enfants furent en âge d'aller à l'école. Evelyn, mon aînée, a 13 ans. C'est une blonde aux yeux clairs, de constitution fragile, très vive d'esprit, et aussi très timide. Gary, 12 ans, est quant à lui d'un naturel aventureux. Un peu grand pour son âge, il rentre toujours à la maison avec une éraflure ou une légère blessure, souvenir de ses explorations dans la campagne alentour. Mes deux enfants fréquentent Mireille et Jean, deux enfants de leur âge habitant à proximité. Heureusement qu'ils s'entendent bien tous les quatre, car il n'y a pas d'autres voisins à moins de dix kilomètres. Demain, j'irai rendre visite aux parents de Mireille et de Jean pour savoir s'ils ont remarqué quoi que ce soit d'inhabituel chez leurs enfants.
4 mai. Je suis allé chez mes voisins et n'en ai rien appris. J'ai posé mes questions de façon indirecte, en évitant soigneusement toute affirmation que j'aurais pu regretter. Ils m'ont écouté attentivement et semblaient vouloir me répondre avec franchise — mais ils n'avaient rien vu ni entendu de particulier. J'avais pourtant l'étrange impression que, même s'ils avaient voulu me parler, quelque chose les en aurait empêchés.
5 mai. J'ai parlé à ma fille il y a quelques heures. Je lui ai demandé de me suivre dans mon bureau et, lorsqu'elle se fut assise, j'ai clairement perçu qu'elle était apeurée, tendue. J'ai donc choisi mes mots avec soin pour aborder le sujet des chants mystérieux. Elle était assise à quelques pas de moi, les yeux rivés sur le carrelage. Je lui répétai plusieurs fois la question à laquelle elle semblait ne pas vouloir répondre. Finalement, impatienté par son silence, je lui demandai d'une voix ferme ce que signifiait la phrase :
« Je ressens l'amasite réglir douçante. »
Elle leva la tête très lentement et me regarda droit dans les yeux.
Au début, je pus soutenir son regard. Mais bientôt, je sentis monter en moi une douleur étrange — une douleur qui fouillait ma moelle épinière de bas en haut, puis de haut en bas, avant de délaisser ma moelle pour explorer mon cerveau. D'abord l'hémisphère gauche, puis le droit. J'étais entièrement paralysé, incapable de bouger, incapable de penser. Je ne pouvais que voir ma fille qui me regardait avec un visage où je lisais de la tristesse et de la pitié.
Soudain, ce chant — ce chant chargé d'horreur — se fit entendre de nouveau. Je regardai ma fille : ses lèvres restaient parfaitement closes. Je m'efforçai d'en analyser la provenance, et c'est alors, d'un seul coup, que je compris : c'était la voix d'un homme adulte, et le son provenait de mes propres cordes vocales.
Mai, 13h47. J'ai de plus en plus de mal à écrire ou à me concentrer sur quelque activité intellectuelle que ce soit. Il y a dans mon esprit une présence — non pas une entité distincte et complète, mais quelque chose d'étranger au « je » que je suis. Cette présence ne se manifeste jamais sous la forme d'une injonction. Elle est simplement en moi. C'est tout.
Mai. Je ne suis plus capable de lire les aiguilles de ma montre, sauf lorsqu'elles indiquent une heure comprise entre midi et quinze heures — c'est le seul moment où je parviens encore à interpréter leur position sur le cadran blanc. La nuit dernière, à l'aide d'un petit magnétophone, j'ai enregistré ma voix durant mon sommeil. L'enregistrement est sans équivoque : ma voix prononce en boucle, sans interruption :
« Je ressens l'amasite réglir douçante... »
Je ne sais pas ce que font mes deux enfants. Je me suis enfermé dans mon bureau et je ne perçois ni ne vois aucun signe de vie humaine. Je lutte pour ne pas sombrer dans la folie.
Mai, 12h30. Aujourd'hui, j'ai dû quitter la maison pour trouver de quoi manger — les provisions étaient épuisées. Je suis passé chez les voisins : il n'y a plus personne. Je me retrouve donc totalement seul, car mes deux enfants sont introuvables. J'ai pris ma voiture jusqu'au village le plus proche. Ce déplacement m'a été bénéfique : non seulement j'ai pu me procurer des vivres pour quelques jours, mais j'ai aussi renoué, le temps d'un instant, avec d'autres êtres humains. J'ai bien sûr soigneusement évité de leur parler de ce qui m'arrive. Tout cela est trop incroyable — personne ne me croirait. Je dois patiemment accumuler des preuves.
Mai ou juin. Plusieurs jours se sont écoulés sans que j'aie écrit. Mes enfants sont revenus, et avec eux la douleur et cette présence étrange dans mon esprit. Ils m'ont enfermé dans le sous-sol et déposent de la nourriture sur le seuil de la porte d'entrée. Curieusement, je sens qu'il est inutile de leur résister — que je ne peux rien faire contre eux. Mon esprit bascule dans un monde irréel dès que l'horloge indique une heure autre que cette période apaisante de trois heures par jour.
Pour préserver ce qui reste de ma raison, j'essaie de fixer mon attention sur des événements marquants de mon passé. Mais ce qui est le plus étrange, c'est que mon esprit refuse de se laisser porter par la sécurité que procurent ces souvenirs. Chaque fois que j'essaie de me raccrocher à l'image de mon épouse, une autre femme — à mi-chemin entre la réalité et le fantasme — surgit à sa place. Et plus je m'efforce de retrouver les traits de Danièle, plus mon esprit m'impose cette autre silhouette. Si j'essaie de penser à mes enfants ou à mon travail, mon esprit s'obstine à me montrer des contrées infiniment belles, où n'existent ni labeur ni procréation tels que nous les connaissons. Tissu de mensonges que tout cela — même si ces visions ont fini par occuper l'essentiel de mes pensées.
Mai, juin ou juillet — qu'importe. Je suis assis dans une station de métro. Je ne sais plus très bien dans quelle ville je me trouve, et cela n'a plus d'importance. Ce qui importe, c'est que je me sois définitivement enfui de chez moi, et que j'aie enfin compris le pourquoi de tous ces phénomènes.
Ce que j'ai vécu, je pourrais le décrire ainsi : une forme de pensée parallèle s'était installée au cœur même de ma propre réflexion. Sans jamais me dicter une pensée précise, elle m'empêchait d'utiliser mon cerveau pour mes propres raisonnements. Peu à peu, j'ai compris que plus mon esprit vagabondait à la recherche de souvenirs flous, plus cette pensée parallèle s'ingéniait à faire surgir en moi mille fantasmes déroutants. Ainsi, lorsque je m'éveillais le matin, mon cerveau — non encore disposé à penser avec précision — devenait une sorte de récepteur ouvert à des idées d'origine non humaine, incompréhensibles pour un homme. De même, lorsque je pensais à mon épouse, le flot de souvenirs qu'elle évoquait dispersait ma réflexion et permettait à cet autre esprit d'imposer la silhouette de l'inconnue — si insistante que j'en oubliais jusqu'aux traits de ma propre femme.
Cette pensée parallèle prenait chaque jour davantage de place, jusqu'au jour où un accident me révéla la vérité. Je cherchais à me rappeler dans quelles circonstances j'avais rencontré Danièle, quand l'image du corps nu de l'autre s'imposa à moi. Je distinguais nettement ses longs cheveux, sa nuque délicate, ses jambes fines — et soudain, je vis un genou. Le genou de mon épouse, avec cette petite cicatrice dont nous aimions rire ensemble. Je me concentrai sur cette cicatrice, et l'autre femme s'effaça entièrement. Je venais de découvrir que, tant que mon esprit s'en tenait à une pensée simple, primaire, précise, la pensée parallèle n'avait aucune prise sur lui.
J'avais trouvé une arme. Je me mis à pratiquer cette forme de concentration intense, en m'appuyant sur les notions les plus élémentaires de mes connaissances. Je passai des journées entières à me répéter que la troisième planète du système solaire est la Terre, que la pellicule photographique est composée d'une mince couche de nitrate d'argent... À force de maintenir cette concentration, je découvris que mes yeux pouvaient percevoir ce qui m'entourait sans que mon esprit n'ait à l'analyser. Je pouvais ainsi, depuis la fenêtre de ma cave, observer mes enfants s'affairer dans la cour arrière — creuser la terre, transporter des pierres de différentes tailles vers un endroit qui demeurait hors de ma vue. Puis, durant la période de répit entre midi et quinze heures, je dormais un peu ; et si le sommeil refusait de venir, j'analysais minutieusement chaque détail de ce que mes yeux avaient enregistré.
C'est il y a deux jours que se produisit l'événement décisif. Je me concentrais sur le fait que les quatre angles de base de la grande pyramide sont des angles droits, lorsque j'entendis du bruit dans la chambre de Gary. Sans chercher à en comprendre la cause, je m'y précipitai instinctivement. Sur le seuil de la porte, je vis deux êtres luminescents — d'une hauteur d'environ un mètre — en train de disparaître dans une petite salle dérobée, dissimulée derrière le bureau de mon fils. Ils se retournèrent vers moi et me regardèrent avec des yeux qui rappelaient étrangement la pupille d'un chat. Je ne bougeai pas. Je me répétai en boucle que les quatre angles de base de la grande pyramide mesurent 90°. Je sentais les fibres de ma moelle épinière et de mon cerveau s'agiter, se disjoindre, puis se ressouder — mais je m'obstinai à penser à ces angles de 90°.
C'est à midi, ce jour-là, que je compris enfin. Je laissai mon esprit vagabonder librement, et les images surgirent — mais cette fois, elles ne s'imposaient pas de force. Elles étaient là, disponibles, attendant d'être analysées ou écartées. Je les analysai.
Ces êtres luminescents viennent de Jupiter, ou d'un de ses satellites — je n'en suis pas certain. Leur pensée procède d'une forme hautement développée de conscience collective, semblable à celle qui régit les colonies de fourmis : il n'existe pas d'individu sur le plan intellectuel. Cette conscience commune entre en repos entre midi et quinze heures de notre temps, ce qui semble correspondre à leur période de sommeil. Ils sont sur Terre pour extraire certains minéraux quasi disparus de leur planète, mais indispensables à la survie de leur société. Ils ne souhaitent pas s'établir ici : notre soleil est trop proche, et la gravité trop différente de la leur. Leur objectif est de soumettre l'humanité pour faire de nous des esclaves chargés de leur fournir ces minerais pour les prochaines décennies. Ils en ont partiellement le pouvoir.
Si les enfants sont les premiers touchés, ce n'est pas le fruit du hasard. Leur cerveau, encore en pleine formation, et leur éducation aux normes de notre civilisation humaine — non encore achevée — constituent un matériau malléable sur lequel ces êtres peuvent aisément travailler : ils étouffent les valeurs déjà transmises à nos enfants et les remplacent par une méthodologie dédiée à l'extraction des minerais. Les adultes, en revanche, avec leurs valeurs profondément ancrées, ne se laissent pas aussi aisément « dompter ». C'est sans doute ce qui explique qu'Evelyn et Gary soient tombés entièrement sous l'emprise de cette pensée étrangère, tandis que cette dernière ne faisait que cohabiter avec mon esprit, lui suggérant des images irréelles qui, pendant de nombreux jours, m'ont fait croire à ma propre folie.
Heureusement, notre niveau intellectuel est presque comparable au leur. Bien que nous ne puissions pas, comme eux, hypnotiser ou contraindre nos semblables à notre volonté, cette proximité m'a offert un avantage inattendu : en fouillant mon esprit, ils m'ont laissé fouiller le leur. Et désormais, je suis à l'abri de leur pensée et de ses images.
Fort de cette nouvelle lucidité, je décidai d'en finir avec eux — je savais qu'ils étaient physiquement faibles et sans armes. J'essayai de forcer la porte donnant sur la petite salle où ils s'étaient réfugiés, lorsque j'entendis la voix de ma fille :
— Papa, laisse cette porte.
Je me retournai. Elle et Gary se tenaient à quelques mètres de moi. Tout alla très vite : Evelyn me sauta à la gorge tandis que Gary pointait une arme dans ma direction. Je fis basculer ma fille contre son frère et, la porte du sous-sol momentanément dégagée, je me précipitai dehors et courus jusqu'à ma voiture — ma seule chance de salut.
Et c'est ici, dans cette station de métro, que je comprends ce que même ces étrangers n'ont pas su mesurer. En nous prenant nos enfants, ils nous ont arraché ce que nous avions de plus précieux au monde. J'aurais dû tuer Evelyn et Gary. Mais comment aurais-je pu commettre un tel crime ? Ces enfants, bien qu'habités par un autre esprit, restent mes enfants. Et je sais que tous ceux qui ont des enfants et qui sont sur le point de les perdre pensent comme moi : on ne peut pas éviter l'inévitable. Assassiner mes propres enfants — jamais. Je préfère mourir moi-même.